Le spectatoring

L’été arrive ! Il nous apporte son lot de merveilles (les fraises, les douces soirées, l’herbe sous les pieds nus… ) et ses petites contrariétés : les moustiques, et pire, les « bons conseils minceurs » des magazines féminins.

« 10 produits anti cellulite passés au crash test », « 10 vrai/faux sur les aliments minceur »,
« Comment perdre la graisse sous les bras » « maigrir vite : comment perdre du poids rapidement », 

Comme chaque été, nous sommes entouré.e.s d’injonction à la « perfection », cerné.e.s par des images de corps minces, gainés, épilés, valides, cis, et souvent blancs. Ces figures marketing s’affichent aux arrêts de bus, dans nos séries, sur Instagram. Difficile d’être pleinement bien dans sa peau quand on évolue dans une société qui hypersexualise un type de physique si précis, si impossible à obtenir.

Les complexes qui peuvent découler de cette omniprésence de corps retouchés, en plus d’être un frein dans la vie sociale, s’invitent parfois dans la sexualité.

Le terme « Spectatoring » a été créé dans les années 70 par les pionniers de la sexologie, William Master et Virginia Johnson. Ils décrivent ce concept comme l’action de s’observer, de façon externe, pendant une relation sexuelle. Nos propres sensations et émotions nous sont alors inaccessibles, car notre attention est braquée sur notre image corporelle. Il arrive également que nous projetions nos inquiétudes sur les pensées du partenaire. « Est-ce qu’elle pense que je suis trop grosse ? Est-ce qu’il me trouve trop poilue ? Surtout pas cette position, on voit trop ma cellulite ! »

Ces pensées parasites empêchent l’accès au plaisir en coupant la personne de la conscientisation de son corps. Elles peuvent engendrer des angoisses qui vont nuire au désir, voire mener à des comportements d’évitement de la sexualité.

Pour mettre fin à cette auto-observation négative et se réapproprier sa sensualité, il existe une série d’astuces :

  • Être bienveillant.e avec soi-même : est-ce que vous critiqueriez aussi durement votre meilleur.e ami.e ? Alors pourquoi se montrer si dur.e envers vous ?
  • Reconnaitre ses atouts : faites une liste écrite, à relire en cas de journée difficile.
  • Mettre les 5 sens au service de notre bien-être : identifiez la manière avec laquelle votre partenaire vous touche, écoutez les bruits de sa respiration, des corps qui se rencontrent, appréciez l’odeur de l’autre, son parfum ou éventuellement une bougie parfumée que vous aurez pris le soin d’allumer. Accrochez-vous à vos ressentis pour rester dans le moment présent.
  • Se constituer un stock de pensées érotiques. Ce n’est pas évident de garder le contrôle sur son esprit ; il vagabonde assez naturellement. Si vous sentez que vos pensées s’égarent, redirigez-les vers un scénario érotique, extrait d’un film ou imaginé par vos soins.

Il se peut que vous ayez du mal à mettre ces outils en pratique, ou que ça ne suffise pas à atteindre une satisfaction sexuelle. Dans ce cas, n’hésitez pas à consulter un.e sexologue.

La sexualité fait partie de la santé, prenons-en soin !

Recent Posts
Psyliège